La question des Organismes Génétiquement Modifiés est centrale pour l’avenir des paysans -voire pour l’avenir de tout un chacun sur cette terre. A travers elle, et au delà de la problématique de santé publique, c’est la question de la brevetabilité du vivant et de la préservation de la biodiversité qui est posée.
L’introduction des Organismes Génétiquement Modifiés, présentée par ses promoteurs comme une extension des possibles, constitue en fait un pas de plus vers cette aliénation des paysans et des milieux naturels à une logique de rentabilité et de standardisation portée par une poignée de groupes agro-industriels. S’il est franchi, ce pas sera en outre irréversible : au delà d’une illusoire coexistence des filières, les opérateurs qui fabriquent les OGM disposent, grâce aux droits de propriété intellectuelle (brevet et Certificat d’Obtention Végétale) et aux lois sur la commercialisation des semences (catalogue commun) d’un monopole de fait qui leur permet de s’imposer sur les semences non-OGM, les polluant, les transformant ou causant même leur disparition. Le développement des OGM signifie donc la fin de toute alternative, bio ou tout simplement paysanne. Allons nous mettre à mal tous nos systèmes agraires actuels et la biodiversité de notre planète pour satisfaire les intérêts privés de quelques multinationales ?
Depuis des années, au sein d’un large mouvement social regroupant associations, chercheurs, élus ou simples citoyens, des paysans de la région se battent, parfois au risque de leur propre liberté, pour que les intérêts de quelques uns n’occultent pas le nécessaire débat public sur cette question.
La Confédération Paysanne LR, en plus de son rôle d’information et de proposition sur ce sujet, apporte tout son soutien à ces paysans et aux autres membres du mouvement chaque fois que nécessaire (en particulier en 2007/2008, procédures judiciaires pour fauchage d’OGM ou pour refus, suite à ces actions toujours non-violentes, de prélèvement d’ADN).